Jésus, l'histoire d'une résurrection

Ou quand la mort fait place à la vie

Tout à coup, le ciel s'assombrit et devint menaçant. Des teintes rouges et grises se mêlaient au noir et finirent par recouvrir le bleu clair de la matinée, laissant de larges traînées de couleurs, comme un tableau d'art abstrait. Le temps était à l'orage et le tonnerre éclata au loin, obligeant la foule compacte à se disperser. Par crainte de la pluie, on pressait le pas. Le marché n'était pas loin.  Comme tous les vendredis, il accueillait deux fois plus de monde  à cause des préparatifs du Shabbat, mais il semblerait qu'un événement particulier ait eu lieu aujourd'hui. La ville entière était en effervescence. Un deuxième coup de tonnerre éclata, cette fois-ci il semblait beaucoup plus proche et les commerçants eux-mêmes s'empressaient de ranger leur marchandises.
Dans les hauteurs de la ville, trois croix avaient été dressées. C'est de là que la foule se dispersait. Curieux...D'ordinaire, les exécutions romaines n'étaient pas très prisées par le peuple …


'' C'est Jésus, Jésus de Nazareth, il a été crucifié ! pouvait-on entendre d'un étal à l'autre.


Le ciel zébré par des éclairs, répondit par un grondement puissant et sans crier gare,  la terre trembla avec violence. Des cris et des hurlements traversaient la ville de part en part. Un peu partout des groupes s'étaient créés, et la consternation se lisait sur les visages. Des femmes que les soldats n'avaient pas réussi à chasser, pleuraient non loin de la croix. D'autres priaient à genoux. La ville était dans un grand chaos.


Lorsque le Fils de Dieu expira dans un grand cri, le voile du temple se déchira de haut en bas. Les sacrificateurs étaient confus et ne savaient que penser. Effarés certains se couvrirent de cendres et déchirèrent leurs vêtements en poussant de grands cris. Ils se regardaient avec effroi :
'' Serait-ce que ce Jésus …'' et ils n'osaient en dire plus.
Près du tombeau,  les anges pleuraient. Une multitude d'anges, que l'on ne pouvait compter, étaient près du Messie et contemplaient tristement Son corps. Il avait été si affreusement mutilé qu'il était méconnaissable. Plus rien, hormis des lambeaux de chair sanguinolents…

 
Le Ciel était en émoi. Les anges montaient et descendaient au-dessus de lui. D'autres priaient en silence. Tout à coup, une boule de feu d'une puissance encore inconnue et semblable à aucun autre feu sur la terre, descendit avec rapidité et enveloppa le Crucifié. L'Esprit de Vie, pénétra en lui et irradia son corps de lumière, une lumière d'une incomparable blancheur. Le Ciel et ses habitants retenaient leur souffle. Alors Jésus se redressa, plein de force et de vigueur. Un doux sourire de satisfaction auréolait son visage.  Il resplendissait tel le soleil dans sa force.  Les anges se prosternèrent à ses pieds et l'adorèrent ; alors le Ciel donna libre cours à sa joie. Au même instant, des tombeaux s'ouvrirent, des sépulcres se fendirent en deux et la terre rendit ses morts, ajoutant ainsi à la frayeur générale.

 
Dans les régions inférieures de la Terre, Satan et ses démons festoyaient. Des rires sarcastiques, des moqueries et des paroles de blasphème fusaient du quartier général où ils célébraient honteusement leur apparente victoire. Des hordes de démons beuglaient tant ils étaient en joie. Ils se moquaient des souffrances atroces subies par le  Fils de Dieu et échafaudaient déjà des plans contre les apôtres. Alors qu'ils allaient scander et louer Lucifer comme leur ''vainqueur'',  des bruits sourds se firent entendre, des portes furent brisées, suivis de hurlements stridents. Le Fils de Dieu en personne était là, revêtu de gloire et de puissance. 


A son  passage, les lieux étaient violemment secoués et les démons fuyaient comme des rats. La gloire de Dieu faisait crier les damnés qui savaient  Jésus présent, et la lumière; chose inhabituelle en ce lieu, pénétrait tous les coins sombres, putrides et désolants, provoquant des râles d'agonie chez les démons. Les anges déchus, horrifiés, abandonnèrent Lucifer et fuyaient la lumière qui les faisait atrocement souffrir. L'armée céleste en enchaîna un grand nombre.

En voyant le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, dans toute Sa splendeur, Lucifer fut violemment projeté à terre.  Il sut immédiatement, que son destin était scellé. Jésus était le grand vainqueur et  lui le grand perdant. Stupéfait, il balbutiait:
'' Toi....... ici ?!! Mais tu es mort...... tu étais mort ! ! Non, ce n'est pas possible !!! Nooooooonn !!!   
Tandis qu'il hurlait de douleur et qu'il suffoquait à cause de l'extraordinaire gloire qui émanait du Seigneur Jésus-Christ ; comme en proie au délire face à ce cuisant échec ; il fut dépouillé de tous ses droits. Le Seigneur Jésus lui reprit les clés de l'autorité qu'il avait usurpées et volées à  Adam et un ange fut chargé de lire sa sentence.


Le cortège céleste laissa là cette pauvre âme malade et alla propager la bonne nouvelle aux saints de tous les temps, aux prophètes qui frémissaient d'impatience, aux patriarches qui soupiraient après  la promesse, ainsi qu'au premier couple qui attendait la rédemption de leur faute. Ils versèrent d'abondantes larmes et se prosternèrent avec une profonde reconnaissance devant l'Agneau immolé et adorèrent celui qui était mort et qui vit aux siècles des siècles.


La gloire du Père du Fils et de l'Esprit sera totale lorsque nous serons nous aussi, parmi la nuée des témoins et que nos yeux verront Celui qui nous a aimés  et qui s'est donné pour nous, en allant jusqu'en enfer, pour reprendre les clés de la mort à celui qui nous retenait prisonniers et esclaves du Péché.


A Dieu notre Père, à Jésus-Christ notre Sauveur, et à l'Esprit-Saint notre Consolateur, soient Gloire, louange, honneur, force et puissance, aux siècles des siècles, amen !

Faty Cardoso Eriollah